Papaye (on me dit que c'est une courge haut placée, une sorte de ministre.)

Publié le par M. AFRYC


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Une papaye mûrissait gentiment tout là-haut, au bas de sa grappe. Elle jaunissait et je la surveillais comme le jardinier veille sa courge, mais en me tordant le cou.
On m’a dit que ces fruits ne tombent que s’ils sont mûrs, quand ils sont prêts en quelque sorte ! Celle-ci ne se sentait donc pas mûre et tardait ou bien avait-elle peur de ce saut, quatre mètres au moins, et du splatch final ?   Avec des tiges, des feuilles, j’ai fait une sorte de nid, une aire d’atterrissage pour qu’elle ne s’écrase pas trop sur les dalles ou le sable dur. Je lui parlais parfois, demandant ses projets mais, hautaine, elle se taisait ! Quelques secousses sournoises n’ont pu la décider, j’attendais.
Dans la nuit, braillerie d’oiseaux ; au petit jour les chamailleries duraient encore au pied du papayer. Ils étaient quelques uns à se disputer des débris orangés ; les nacos ne permettent pas de voir assez vers le haut, j’ai dû sortir pour voir qu’il ne restait qu’une portion d’écorce accrochée tout là-haut au bas de sa grappe.
Une autre a été cueillie par un kaki grimpé là, j’en parlerai ailleurs ; du bout d’une tringle à rideau en bois, j’en ai sollicité vivement une autre ; je ne suis pas bon en réception, la papaye jeune soupire un plock en se posant, une fissure laisse suinter une sorte de latex cicatrisant (pour le fruit mais aussi pour certaines plaies dit-on !).
Coupé en deux et mangé à la cuillère, c’est extra, assez doux, légèrement sucré, certains melons peuvent aller se rhabiller ; je sens des recettes germer ; je me demande s’il serait mieux d’en ajouter à l’oignon ou de lui ajouter de l’oignon et autres ingrédients.               

Publié dans Fantaisie

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