La fumée, le fumet des ordures,

Publié le par M. AFRYC

Le skritch-fritch-schritch du balais dans la cour, la von devant la concession, le magasin ou l’atelier n’annonce pas une attention nouvelle à la propreté, un intérêt pour la netteté du territoire ; le geste est plus proche du battement de pattes du chien à distance de ce qu’il a laissé, ou même du chat dans sa litière ! Qu’un coup de vent ou de balais intempestif envoi un papier ou tout autre n’importe quoi, là où on vient de balayer n’entraîne pas un repassage systématique et, tout au long du jour, le papier, l’emballage, l’écorce de fruit, sera lâché au lieu où il cesse d’être utile, fut-ce à un mètre d’une poubelle ou d’un simple tas de détritus. 
 
Ici, chaque sac perdu, abandonné, jeté quelque part, est une graine de dépotoir ! Et elles germent vite ces graines-là ! C’est ce qui fait qu’en tout lieu le regard ou le pied heurte un de ces épandoirs dont l’odeur a tôt fait de heurter le nez ! Dès lors que je ne le vois pas trop, le lieu est bon !
 
Cycle d’une cassette d’imprimante : vous en avez épuisé les ressources et la jetez ; d’ici en là, elle finit sur un dépotoir, elle y reste un peu, beaucoup, on l’y trouve, lui trouve un attrait, un intérêt, la ramène à la maison, elle y traîne, elle y sert à qui sait quoi, une petite main la trouve, s’en amuse, la démonte (casse), la déroule, elle traîne encore poussée de ci de là et finit sur le feu qu’on allume au coin de la concession ! Flamme rouge sombre, fumée noire, votre cassette vous revient, dans les poumons !
 
Le champ de manioc a été ramassé ; ce qui restait de tiges après un passage de chèvres a été mis en tas ; dimanche est passé et lundi le feu a été mis aux tas enrichis de sacs de plastique noir. Lundi soir, les cendres fument encore, d’étranges odeurs flottent, on aperçoit des canettes, des cartouches d’aérosol, une gamelle en métal, des bouts noirs et racornis, des ‘quelque chose’ qui semblent avoir été des piles électriques, des fils de métal… toutes sortes de déchets civilisés en somme et la terre s’enrichit de métaux lourds, d’acides divers, c’est ce que nous retrouverons dans les tubercules, racines, feuilles ou fruits qui pousseront là ! Pour les hydrocarbures, la nationale est à côté, merci : A la vôtre, Messieurs, Santé !
 
Finalement, nulle tubercule ne sera plantée là de sitôt, un engin est venu aplanir, des hommes tirent des cordeaux et des mètres… Construire, il faut construire !
 
L’autre jour, le feu avait été mis à un tas ; le vent a promené partout des lambeaux noirs qui s’effritaient au toucher, les restes de sacs plastiques… combien en ai-je inspiré ? Sans parler des gaz nocifs issus de cette combustion incontrôlée ; il y aurait des dioxines, vraiment ? vous croyez ? J’en avalerais avec l’eau, le pain, les haricots et autres aliments restés à l’air… mais ça cuit ! Non, vraiment, vous croyez ? Ce n’est pas comme les microbes ? Vraiment ?
 
Et il y a encore les gaz d’échappements ..! Ca ne s’annule pas ?
Mais c’est obligé, on est sous-développés !
Oui, bien sûr, il y a des ramasseurs d’ordures, mais il faut les payer… et dans ces vons ravinées, pentues comme des escaliers

Publié dans carte postale

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