On sémaphore devant le cyber-café !

Publié le par M. AFRYC

Adossé au mur, devant le cyber, j'attendais l'hypothétique retour de la connexion.  Je regardais les allées-venues des clients de la boulangerie, les importants en voiture avec chauffeur et des élégantes en talons aiguilles peinant à traverser la bande de sable, mais aussi les bonnes des résidences voisines et une ribambelle de jeunes, à la périphérie, un loqueteux tend timidement la main !

Au restaurant par terre, il y a du poisson frit et de la pâte, pas de table, pas de chaises ; des poubelles trop proches viennent des arômes indigestes.  La cuisinière serveuse fait halte là tous les matins avec son restaurant sur la tête ; pas d'enseigne pour dire que c'est rustique et authentique, cela se voit d'emblée !  Les employés locaux y ont leurs habitudes !

Un gardien en tenue de l'immeuble y vient aussi et c'est parfois l'assiette en main qu'il se précipite pour ouvrir une portière, faire signer son registre ou répondre au téléphone.  Pas celui qui semble regretter une vie militaire passée ou qu'il n'a pu faire (il salue dévotement et dans les règles ce gradé qui achète là pain ou gâteaux), qui se campe parfois dans des attitudes qu'on dirait copiée sur Robocop ; manger ainsi n'est pas dans ses manières sans doute !

Ce matin, un grand noir, un téléphone greffé à l'oreille m'a demandé par signes si la connexion était là ; j'ai répondu par signes, il m'a cru, est remonté en voiture, téléphonant ou soliloquant (qui sait ?), est parti !

De l'autre côté de la voie, un maçon s'éveille qui dormait sur le tas de sable ; il me voit et ses mains éloquentes me disent bonjour et comment allez-vous et cette journée et vous n'auriez pas une pièce pour que je puisse manger quelque chose, mon patron est parti acheter du ciment et ne m'a rien laissé...  Ah !  si tous les fonophones voulaient prendre exemple, que d'échanges nous aurions !

Publié dans carte postale

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