A l’heure où le soleil devient trop chaud sur les têtes,
De même qu’au bord de leur marigot baillent les crocodiles, dissipant leur haleine et leur trop plein de chaleur, de même baillent ici les camions, toutes ouïes béantes ; chauffeurs, aides et apprentis somnolent ou dorment à l’ombre des châssis. Puanteur de viande avariée contre odeur mélangée caoutchouc-goudron-cambouis et gaz…
Lorsque la chaleur est forte, la fatigue trop pesante, chacun trouve confortable l’endroit où il s’endort ; sur un banc, un capot de taxi, une moto, un coin n’importe où au milieu du bruit, du mouvement, tout fait lit ; au cyber tantôt c’est devant l’écran que je me suis assoupi, sans cependant tomber le nez sur l’azerty ! 32°, dit-on !
Lorsqu’à la peine il a été longtemps, l’aide profite de tout temps mort pour se délasser –prélasser si le temps dure- dans le nid de sable ou de gravier moulé à ses formes ou sur le bois, le carton, le béton… on dort et, dès l’appel du chef, on apparaît yeux et short bouffis, s’étirant et baillant une fois encore, prêt déjà à reprendre le collier.
Devant moi, dans ce taxi qui file, l’avant centre s’endort et sa tête cherche un bout d’appui-tête, le trouve s’y accote un temps et puis roule dans le vide et ballote un peu, le dormeur s’éveille, s’écarquille les yeux entre chauffeur et passager portière, et pique encore du nez : menton sur poitrine puis pariétal sur appui-tête et de nouveau l'occipital dans le vide…
Coincé contre ma portière j’en ai mal aux cervicales pour lui, si j’avais la liberté de mon bras, je lui en ferais un tuteur ; à l’arrière, centre droit ou gauche ne semblent pas concernés ni même remarquer ce ballet, il est vrai qu’en leur boîte les sardines…
Coincé contre ma portière j’en ai mal aux cervicales pour lui, si j’avais la liberté de mon bras, je lui en ferais un tuteur ; à l’arrière, centre droit ou gauche ne semblent pas concernés ni même remarquer ce ballet, il est vrai qu’en leur boîte les sardines…
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