Un babil tonitruant ombrait le chœur des élèves récitant leurs leçons !
Pas très loin de ce mur d’école, témoin d’exécutions à la mi-décembre (art. 15/02) ; des arbres identiques, mais pas les mêmes, bordent le goudron ; des oiseaux identiques, peut-être les mêmes, y tissent des nids identiques à ceux de leur espèce…
Les arbres bruissent, grincent, leurs feuilles paripennées semblant battre la mesure du chant des tisserins qui, navettes jaune et noir, vont et viennent avec au bec de longues fibres prises aux palmes ; pauvres palmiers qui, là-bas, prennent des airs piteux et s’étouffent, d’impuissance ou d’humiliation peut-être…
Dans une ambiance de kermesse, ces arbres se parent de nids ; tressés-tissés, ils se multiplient, sphères encore vertes ; ils les arborent comme d’autres leurs fruits, fiers sans doute de cette parure de fête, heureux certainement de participer à ce noël-ci ! Leur écorce est tailladée et arrachée pour quelque usage de magie ou de médecine ; une sève translucide coule de ces plaies et se coagule en fils entrelacés, évoquant les nids d’hirondelles en pâtes de riz de la cuisine asiatique.
C’est une nouvelle saison, chants d’amour, danses de séduction et parades sont identiques à ceux des saisons précédentes, peut-être inchangés depuis qu’un génial ancêtre les créât, bien avant qu’un homme songe à leur trouver une importance.
C’est une sorte de défit lancé à ceux dont les pieds remuent le sable noirci du bas-côté, dont les poumons se gavent de vapeur bleue, de brumes sombres, dont les yeux piqueraient s’ils cherchaient à voir là-haut, ce qui s’évade… : Cessez de geindre sur ce qui vous arrive et que vous n’aimez pas, sur ce que vous ne parvenez pas à obtenir, vous y perdez toute force pour aimer ce qui vous est donné !
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