Hier, j’ai voyagé entre une portière –faut-il la décrire ?- et une grosse dame.
Nous étions cinq à l’arrière dont deux grosses dames et une gamine sur les genoux de sa mère, ils n’étaient que trois à l’avant (un de moins qu’à l’aller !).
Une grosse dame gourmande aux petits doigts boudinés, huilés de gourmandises, dorés de prétention ; ses coudes ronds, ses bras pesaient douloureusement sur mon estomac tandis qu’elle s’agitait en cherchant ostensiblement un truc ou un machin dans un de ces ridicules réticules que les femmes arborent avec coquetterie, ou pour nouer ou dénouer un sachet de plastique noir emballant l’une de ses gâteries.
Ces dames ont voulu un arrêt ici pour acheter de l’eau et des sachets de trucs que des filles bruyantes passent en désordre par les portières ; un arrêt là pour acheter une gourmandise dégoulinante d’huile (enfin, presque) braillements dans la voiture pour choisir entre les mains de droite et celles de gauche qui tendent des choses sorties du même chaudron, des escargots en l’occurrence ; et s’arrêter encore à ce carrefour pour acheter des ananas, oranges ou arachides…
A chaque fois, cela s’agite sur la banquette, il me faut rentrer le ventre et ne me servir que du poumon-portière !
Le chauffeur râle, proteste, mais elles sont trois alors il obéit. Sans doute faut-il toujours obéir aux ordres et lois des dames !
Je ne sache pas que le Code de la route ait été écrit par une femme ! Foin des priorités et de quelques règles élémentaires comme celle qui consiste à laisser un espace suffisant au passage des véhicules venant en face ! Un obstacle se présente, le klaxon, pas de ralentissement, le klaxon vous dis-je !
Quelques camions prolongent une sieste sans doute méritée sur le flanc ou le ventre. On s’active autour des sacs de charbon du chargement de l’un, un autre a brûlé avec la case et l’arbre dans lesquels il s’est encastré… Sans doute, comme sur presque tous les véhicules, quelque « Grâce à Dieu » ou « Jésus m’aime » se lisait-il sur un bout de carrosserie.
Alors, lorsque l’on quitte ces habitacles, on comprend pourquoi tant de véhicules affichent « Dieu Merci » !