Serpent, maman ! Serpent, serpent !

Publié le par M. AFRYC

Cri d’alarme deux fois entendu cette semaine.  L’autre jour, il s’agissait d’un petit spécimen (quarante centimètres peut-être), tohu-bohu, cris et hurlements, jets de pierres, la jeune accouchée d’en face a mis fin à l’aventure d’un grand coup de bâton.


Hier soir, nuit déjà, l’enfant a donné l’alarme et le ballet a commencé : cris, jets de pierres, avance-recule, crie et hurle ; un voisin est venu armé d’un bâton et d’une machette, en deux coups l’affaire était entendue et l’animal tué.  De mon toit, je n’ai pas vu le détail mais l’animal était plutôt ventru, pas très long ; un peu l’allure d’un crotale ou d’une vipère ; je ne suis pas descendu vérifier, leur habitude de broyer la tête et marteler le corps, rend l’identification malaisée et, aussi, je ne suis pas herpétologue version africaine !

 

D’où venait-il, vivait-il dans ce coin de vons où l’après-midi même les enfants, dont les jumeaux culs-nus, jouaient ?  Les poules ne manquent pas, des chiens, des porcs et des chèvres piétinent aussi ces bordures et devraient éloigner ces reptiles mais en ce moment l’on défriche les parcelles à l’abandon. 


Même le plus timide serpent, le plus inoffensif, peut mordre quand il est agressé, certains commencent par lancer un jet d’urine avant de faire face et jouer de la mâchoire, mais la fuite est généralement leur premier choix, avant même qu’on ne les voit !   L’homme se garde généralement bien de le lui laisser !

 

Au-début de mon séjour dans cette vons déjà, un serpent avait animé la concession d’en face ; l’animal avait fini par se réfugier dans un papayer, dans le fréquent trou axial ; on avait versé du gaz-oil et mis le feu, puis, pour faire bonne mesure et clore l’affaire, coupé l’arbre… logique ! 

 

Vu son embonpoint, l’animal d’hier avait son utilité pour débarrasser les abords d’un surnombre de je ne sais quoi et de rats sans doute qui ne doivent pas manquer tant les dépotoirs sont répandus !  Mais, principe de précaution, tuons et voyons ensuite ?  Serpent, emblème du mal…     Tuez, tuez… l’innocent devra s’en prendre à sa ressemblance  avec l’axe du mal…  

A Ouidah –toute proche- pourtant, l’on vénère les pythons !

 

A l’animal que je ne connais pas, qui ne me connaît pas, je ne vais pas chatouiller le menton ; je ne vais pas, par ignorance ou sottise, lui jeter la pierre ou le bâton au risque d’une riposte imprévue ; je l’invite à trouver un endroit peuplé de gens aussi compréhensifs et respectueux que moi, et je laisse mes tongs me conduire ailleurs !

 

Parlant avec ‘ma propriétaire’, j’ai évoqué l’idée que si tout serpent fait peur, tout serpent n’est pas dangereux et que tout serpent ne doit donc pas être exterminé !  Qu’il faut pouvoir reconnaître celui qui nous effraie et donc avoir un spécimen ‘lisible’ après son abattage… je n’ai pas d’illusion et ni cette madame ‘bonjour Michel’ ni les autres ne changeront pour une approche plus juste de la nature !

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Publié dans carte postale

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